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La Journée mondiale des zones humides (JMZH) est une journée internationale qui se tient chaque 2 février, depuis 1997. Cette journée est consacrée à la sensibilisation du grand public sur l’importance des zones humides et célèbre l’anniversaire de la signature de la convention de Ramsar en Iran, par 157 pays, le 2 février 1971.

Les milieux humides couvrent environ 6% des terres émergées et figurent parmi les écosystèmes les plus riches et les plus diversifiés de notre planète (Skinner & Zalewski, 1995). Ils abritent une très grande variété d’espèces animales et végétales.

Le secrétariat de la convention de Ramsar choisit, pour chaque édition de la journée mondiale des zones humides, un thème qui met en évidence un des nombreux rôles ou services rendus par les milieux humides pour le bien-être des gens et de la planète, dans le but de sensibiliser le public sur l’importance des zones humides.

Les zones humides jouent un rôle majeur dans l’état de la biodiversité. Le thème « Zones humides et biodiversité » retenu pour l’édition 2020 représente une occasion unique de mettre en avant la richesse des milieux humides, l’importance et l’état de leur biodiversité ; ainsi que de promouvoir des actions pour stopper le déclin observé des nombreuses espèces qui y vivent.

Dans le but de sacrifier à la tradition de ce jour, dimanche 02 février 2020, décerné à la célébration de la Journée Mondiale des Zones Humides, l’ONG SOS BIODIVERSITY a procédé à une activité de randonnée nature à la découverte des Zones Humides du bassin de la Mékrou dans la commune de Kouandé. L’objectif n’est pas de visiter seulement les zones humides de la forêt classée de la Mékrou (commune de Kouandé) mais d’adresser des messages de plaidoyer à l’endroit des autorités locales pour la restauration des écosystèmes de la forêt classée de la Mékrou et le bassin de la Mékrou, une ressource qui se meurt.

La gestion efficiente du bassin de la Mékrou peut favoriser un développement socio-économique respectueux de l’environnement.

Mais la rivière Mékrou ne coule plus comme par le passé et son écosystème connaît une forte dégradation. Face à ce constat, plusieurs initiatives ont été entreprises pour sauver cette ressource, essentielle pour les communes de Kouandé, Kérou et Péhunco (2KP). Malheureusement, les communautés à la base rechignent toujours à abandonner la coupe sauvage du bois et autres mauvaises pratiques agricoles qui annihilent tous les efforts de sauvetage (Alain TOSSOUNON, 2015).

Autrefois, la rivière de la Mékrou est une véritable ressource dont tiraient profit les communautés de la région, elle ne coule plus comme par le passé. Cette rivière est menacée d’assèchement. « Il y a encore quelques années, dans cette partie de notre rivière, l’eau ne tarissait pas, on y retrouvait toutes sortes d’animaux sauvages et d’espèces d’arbres. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », témoigne un ancien habitant du village Makrou, une localité riveraine. Les communautés environnantes se souviennent encore des nombreux services écologiques que leur procurait cette ressource. Mais, peu à peu, elles ont vu leur patrimoine s’effriter. Aujourd’hui on remarque tout autour du bassin dans la forêt classée, le couvert végétal est détruit, laissant place aux champs et à une vaste étendue de terre sans arbre ni arbuste. « La végétation y était très dense, ce qui justifiait la présence de beaucoup d’animaux: des crocodiles, des buffles, des panthères et autres », témoigne un ancien délégué du village.

Cette rivière, appelée en langue locale batoonou Makrou (Mékrou en français), que partage les communes de Kouandé, Kérou et Péhunco (la communauté des 2KP) est longue de 410 km. C’est l’un des trois principaux affluents du fleuve Niger au Bénin qui prend sa source à 460 m d’altitude environ, sur les flancs des monts de Birni. Le bassin a une superficie de 10 500 km2. Sur les 24 retenues d’eau disponibles dans les trois communes, 13 appartiennent au bassin de la Mékrou.

         

Notons que l’état de dégradation avancée de ce patrimoine de la communauté des 2KP n’est plus à démontrer. On note les phénomènes d’érosion et de comblement au niveau de ce plan d’eau en plein cœur de la forêt classée. Ces phénomènes seraient liés au développement de certaines activités comme les activités agricoles, les activités pastorales, l’exploitation forestière, les feux de végétation, etc.

       

Contrairement aux us et coutumes interdisant certaines pratiques dans les forêts des anciennes générations, les communautés vivant actuellement dans le bassin s’adonnent à une coupe abusive du bois devenue, au fil du temps, un véritable fléau. L’exploitation forestière se poursuit, atteint et affecte l’intérieur de la forêt de la Mékrou. Plusieurs autres pratiques concourent à la destruction du couvert végétal. C’est également le cas de l’agriculture extensive sur brûlis à laquelle font recours les producteurs pour la culture du coton et des céréales. Avec le temps, ces pratiques ont contribué à réduire considérablement la superficie de la forêt classée de la Mékrou à l’intérieur du bassin.

En effet, en quête de terres fertiles pour plusieurs cultures, les communautés prennent d’assaut les berges du cours d’eau. Une situation que dénonce un habitant du village Makrou sous anonyme : « Les gens vont même jusqu’au niveau du lit pour couper et installer des champs pour la riziculture ». A ces mauvaises pratiques agricoles et d’occupation anarchique des zones humides, il faut ajouter entre autres, les feux de végétation précoces par les éleveurs ou encore la recherche aurifère sur le lit de la rivière, qui dénudent les terres provoquant ainsi une forte érosion et le comblement du cours d’eau.

Cependant, les liens entre la forêt et l’eau sont évidents. La disponibilité et notamment la qualité de l’eau sont fortement influencées par les forêts et dépendent, dès lors, de leur bonne gestion. La quantité d’eau qu’absorbe les forêts revêt aussi une importance cruciale, du fait, en particulier, que les forêts plantées pour la fixation du carbone, l’énergie et l’approvisionnement en bois et la restauration du paysage font l’objet d’une attention mondiale croissante.

Les autorités locales sont-elles impuissantes face à la mauvaise gestion du bassin de la Mékrou ?

Pourtant la législation béninoise est claire : toute occupation des berges est interdite sur une distance de 25 mètres de part et d’autre des cours d’eau. Mais à ce jour, il n’y a personne pour la faire respecter correctement.

Face à cet état de chose, l’ONG SOS BIODIVERSITY envisage des solutions pour un avenir durable.

Dans le cas de la biodiversité de la Mékrou, l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie globale de préservation et de restauration de tout le bassin sont indispensables. Ainsi, pendant que les structures de l’État sont appelées à veiller au non envahissement des berges pour la production cotonnière ou vivrière et ce, selon les dispositions de la Loi N°98-030 du 12 février 1999 portant Loi-Cadre sur l’environnement au Bénin, les acteurs locaux devront fortement s’engager dans des projets et initiatives allant dans ce sens. Il s’agit par exemple, des projets qui ambitionnent de contribuer à une gestion durable de la biodiversité, en particulier les eaux et les sols, dans le bassin de la Mékrou.

Également, ils peuvent compter sur les Organisations Non Gouvernementales qui ont pour mission de « mener des actions de gestion et de conservation durable de la biodiversité inclusive des différentes couches de la société notamment les jeunes et les femmes » comme SOS BIODIVERSITY dont l’objectif global est de protéger l’environnement, de gérer durablement la biodiversité et de valoriser la diversité biologique au Bénin.

Seulement, pour l’heure, la réussite de la mise en œuvre des initiatives, dépend fortement de l’adhésion et de la compréhension par les acteurs locaux de l’utilité et de l’importance de ces actions pour la protection et le suivi effectif de la ressource qu’est le bassin de la Mékrou car ‘’on ne peut gérer une ressource que l’on ne connaît pas’’. Donc, un projet d’éducation à l’utilité et l’importance des zones humides pour la biodiversité s’impose.

 Aujourd’hui, le bassin et la forêt de la Mékrou se meurent. Si rien n’est fait dans les prochains jours pour renforcer ou entreprendre des initiatives de préservation et/ou de restauration du couvert végétal et des zones humides du bassin, les communautés dont la survie dépend de l’existence de ce bassin, seront durement affectées. Il est encore temps d’agir.

La gestion d’une zone humide et sa biodiversité comme celle du bassin de la Mékrou est un ensemble de défis qui nécessite pour y faire face, des politiques coordonnées, une planification des investissements et la formation des acteurs. SOS BIODIVERSITY pense, dans les jours à venir, apporter sa pierre à l’édifice afin de permettre la mise en place d’une stratégie de gestion durable concertée des diversités biologiques du bassin de la Mékrou à l’échelle des 2KP en général et de la commune de Kouandé en particulier.

Nous devons savoir que face à un défi complexe, un besoin de solutions innovantes. C’est fort de cela que SOS BIODIVERSITY propose deux solutions innovantes à savoir :

  • Établir durablement un cadre de coopération pour la gestion intégrée de la ressource en eau au service du développement dans le bassin de la Mékrou dans la commune de Kouandé ;
  • Développer une stratégie pour la gestion intégrée de la ressource en eau pour le développement durable (sécurité alimentaire et économie rurale, bien-être des populations urbaines et rurales) en prévenant les impacts du changement climatique et en favorisant les investissements pertinents.

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Delphin HOUNDONOUGBO Y.

Chef Antenne Atacora

ONG SOS BIODIVERSITY

Catégories : Actualités

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